Encore un titre qui ne veut rien dire et qui ne concerne pas le sujet de ce très intéressant film qui est l'emprise de l'homme sur son épouse. Sujet rarement traité de façon aussi analytique me semble-t-il et c'est ce qui fait le grand intérêt du film. Avec un gag de scénario : Virginie Efira a une sœur jumelle, monozygote. Donc deux Efira pour le prix d'une, ce n'est pas moi qui vais me plaindre. Le mari de l'une d'elle, Blanche, puis père de deux enfants, est interprété par Melvil Poupaud dont la déjà longue carrière devrait bénéficier ici d'une visibilité que son talent mérite : il m'a paru très convaincant. La réalisatrice est comédienne et a déjà aussi une longue carrière ; comme réalisatrice, c'est son 6e long métrage et j'avais commenté déjà Notre Dame (527). Personnalité engagée à gauche, soutien de 50/50, il n'étonnera pas que ce film plaide de façon très convaincante pour expliciter ce mal insidieux qui pourrit les relations de tant de couples. La structure narrative est intéressante qui ne nous révèle le récit que par fragment, et de façon subtile, en manière telle que notre compréhension s'approfondit progressivement de ce qui va devenir entre ces deux adultes, au fil des années, un véritable drame basé sur le rapport de force et la culpabilité. Racine, Musset sont appelés discrètement à la rescousse pour annoncer la complexité de ce lien vénéneux qui va tout ruiner entre ces deux personnes qui semblaient tant s'aimer. « Je t'ai aimée, mais mal, je l'ai compris et maintenant je suis prêt à tout recommencer, mais bien ». Telle est à peu près la promesse impossible que tant de femme ont dû entendre, et à laquelle sans doute beaucoup succombent ; jusqu'au féminicide ?
Le film me semble devoir être vu par un très large public car outre ses qualités formelles très sympa, il développe un sujet particulièrement important et sous-représenté dans les médias, me semble-t-il.