Prenez un billet en suivez cette jeune flamande, d'origine sénéga-laise, qui retourne au pays pour le découvrir. Elle y sera hébergée par une vague cousine dans un luxe ostentatoire qui contraste ou-trageusement avec le sort commun des habitants de Dakar. Talia va se lier avec une jeune femme voisine, d'un tempérament de feu, vivant d'expédients.
Le film nous fait partager leurs rencontres, leurs tentatives de plus en plus précises de retrouver la grand-mère de Talia, incarnation de ses origines, de ses racines qu'elle recherche désespérément. Une splendide image de rêve fait apparaître cette auguste ancêtre entre des arbres de savane, décharnés, symboles s'il en est de la recherche de ses racines.
Le film est traité de façon simple, à la limite du reportage et peu de personnages sont développés, comme si leur origine locale les rendait tous interchangeables.
Le traitement cinématographique fait apparaître tout à la fois la modicité des moyens de production et l'inflexible volonté d'aller au bout de ce récit des retours, les « nostoï » comme disent les Grecs, mot qui est à l'origine du sentiment de nostalgie, la douleur de l'éloi-gnement, le mal du pays. Les langues mélangées, flamand, français et wolof accentuent encore cette ambiance de recherche de son identité. Le réalisateur propose ici son premier long métrage dont l'intensité est touchante d'autant qu'elle est construite dans une économie de production qui me semble en parfait accord avec les lieux qui sont utilisés comme décor. Vivement le prochain voyage.