Pour couler un film qui mérite une grande attention, choisissez un titre incompréhensible et faites une affiche hideuse qui ne dit rien du sujet.
Bien entendu il y a un moment en boite de nuit où se produisent des ambianceurs nommés dans le monde de la nuit « disco boys ». Mais le sujet n'est pas là du tout. Nous démarrons l'histoire dans un bus de supporters insupportables qui viennent de Biélorussie pour un match en Pologne. De ce groupe, deux gars vont s'échapper et fuir vers la France.
En France, la porte d'entrée est celle de La Légion étrangère franchie par le personnage interprété magistralement par Franz Rogowski admiré déjà dans Grosse Freiheit (932).
Le récit est fait avec un sens remarquable de la litote, de l'allusion, de l'économie de dialogue et de plans. Et cependant tout est d'une clarté souvent émouvante. Quelques séquences un peu convenues mais très bien filmées de la formation des légionnaires.
Puis soudain, nous voilà au Niger, plus exactement dans le delta du fleuve, surexploité par des compagnies pétrolières, ce qui pro-voque une lutte armée menée par le mouvement pour l'émancipa-tion du delta du Niger (MEND). Et voilà nos légionnaires débarqués d'un sous-marin pour assumer une mission impossible très spécia-lisées permettent d'exfiltrer des personnes par la mer.
Tout cela est très bien filmé, avec même des images telles que l'on est supposés les voir dans des lunettes de vision nocturne. Il faut nommer la cheffe opératrice Hélène Louvart, une très grande poin-ture du cinéma européen.
De retour à Paris commence alors pour notre héros une sorte de quête hélas un peu obscure. On retiendra que c'est la rencontre de deux personnes ayant des yeux vairons. Cette singularité, l'hé-térochromie, est-elle convoquée dans l'histoire pour nous faire comprendre que d'origines raciales différentes, deux personnes peuvent se rapprocher... Tout cela m'a paru un peu flou dans la dernière partie du récit qui, jusque-là m'avait tenu en haleine, admirablement soutenu par la musique de Vitalic, d'une grande originalité.
C'est un récit puissant, interpelant même s'il m'a semblé moins bien géré dans les parties oniriques et de vie nocturne en boite de nuit.