Ce film nous plonge dans une Amérique oubliée, ravagée, habitée par les descendants d'Indiens complètement déstructurés dans leur façon de (sur)vivre et dans leurs rapports sociaux. Ce sont les Amérindiens. La drogue y joue un rôle délétère et aucun des nombreux personnages du film ne semble capable de s'exprimer avec gentillesse, douceur, empathie ni même le plus élémentaire respect pour ses semblables, fussent-ils encore bébés. Pour être précis, l'action se déroule dans le Dakota, où vit la tribu Oglala Lakota dans la réserve de Pine Ridge. Et ce film coming of age suit deux garçons principalement, l'un préado-lescent, l'autre deux fois père alors qu'il n'est pas encore adulte, ce qui nous met face à des situations d'une rare âpreté. Le travail de scénario a été fait sur base d'une longue recherche, d'enquêtes approfondies et
cela se sent par la véracité des images et des séquences. Mais le montage, la trame même du récit me semble aller à la recherche de trop de situations diverses pour emmener le spectateur dans un récit qui dépasse l'enquête quasi anthropologique, ethnologique. Un nombre considérable de situations sont subtilement observées, incarnées, mises en scène sans qu'un liant les agglutine dans une narration puissante. Le titre désigne une licorne cracheuse de feu, ces poneys de guerre étaient des chevaux issus de Transylvanie. Aujourd'hui l'expression s'utilise pour les chevaux communs. Peut-être certaines images
« fantasmées » que vous découvrirez à l'écran ont-elles un lien avec ces animaux à cornes... Ce titre a-t-il été choisi pour rendre hommage à ces jeunes qui essayent tout pour s'en sortir ?