Ce film est très réussi tant par le casting que par la façon dont sont écrites les répliques, cinglantes, vives, dans une langue qui me semble particulièrement représentative d'un parler agressif, moderne et violent. Tout cela se passe dans un village délicieux, Le Pouget dans l'Hérault à l'Ouest de Montpellier, qui contraste avec l'âpreté des personnages qui nous sont décrits, confrontés à l'ennui et à la recherche d'un gagne-pain, vivant sous la coupe d'un dealer arrogant qui a un chien et qui martyrise une sorte d'esclave prénommé... Dog, le souffre-douleur par excellence.
Le rythme des séquences, leur intensité, la clarté des enjeux entre les protagonistes rendent le film très fluide et ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend d'une part l'origine du comportement du dealer et la façon dont il va évoluer et dont Dog va essayer de
s'en affranchir. Raphaël Quenard est particulièrement convaincant dans son rôle de petite frappe à grande gueule et a déjà convain-cu à maintes reprises (*Je verrai toujours vos visages*-1146, Jeanne du Barry*-1191, Novembre*-1051 Coupez*-992 e.a.) Un acteur à suivre ! Tout comme Anthony Bajon qui depuis dix ans accède à des rôles de plus en plus importants, ainsi que la merveilleuse Galatéa Bellu-gi que nous avions tant aimé déjà dans Keeper (193) ou L'Apparition
(480) e.a. Ils sont l'avenir des castings français de grande qualité.
Et ce premier long métrage du réalisateur, qui compte de nombreux courts-métrages à son actif, est une très belle réussite. Il propose un récit distrayant, très viril, avec des relents sociaux et psychologiques qui donnent une densité singulière à l'histoire qui est très bien filmée.