Voilà un film qui est bien pensé mais réalisé d'une façon très pa-taude. Un père veuf tient une maison dans laquelle des personnes âgées vivent leurs dernières années en colocation, cela s'appelle une « résidence en autonomie ». Il a une fille de 14 ans qui s'inscrit dans un nouveau lycée et c'est son intégration qui sera la trame du récit, assaisonné d'un peu de Marivaux et de Cioran, histoire de payer sa dime aux intellos.
Les sujets sont nombreux et intéressants. La vieillesse, les secrets de famille, la dysphorie de genre, les relations aigres-douces entre ados, la séduction et les premiers émois, le deuil et les relations père-fille, bref tout ce qui fait le quotidien de tant de gens.
Hélas, ce n'est pas La Boum et malgré les efforts méritoires de la jeune comédienne Brune Moulin, nous n'avons pas vu la Sophie Marceau du 21e siècle. Il faut dire qu'une caractéristique constante
est le style pitoyable de la direction d'acteur. Soyez attentifs aux moments de silences qui précèdent ou suivent les répliques dans les dialogues, ce moment furtif inutilement placé là pour annoncer et accentuer le gag, permettre d'y réagir. C'est lourd. Même Pierre Richard en fait des tonnes. On essaye d'être drôle, dans le vent, on utilise un vocabulaire « jeune » mais c'est un peu ringard. Quel dommage car de nombreuses situations sont amusantes, parfois franchement drôles. Mais à aucun moment l'on ne se départit de cette gêne de voir tant d'efforts pour un résultat étriqué. Fille de Guy, sœur de Nicolas, Valérie est évidemment imprégnée du talent nécessaire à faire parler les gens et à bien trousser un scénario (*La Famille Bélier*-113 qui comprend nombre d'ingrédients repris ici). Mais la direction d'acteur, et avant cela, le casting mériteraient plus de maîtrise. Philippe Katerine remplace heureusement François Damiens, mais ce n'est guère mieux. Allez, c'est son premier film, et elle n'a certainement pas fini de danser.