A inscrire impérativement sur votre carnet de bal ! Un film d'une rare et bienfaisante tendresse qui s'intéresse à un grand-père que les circonstances de la vie amènent à entreprendre une démarche aussi originale que bien suivie durant tout le film.
Ce qui touche en particulier, c'est la bienveillance étouffante de ses deux enfants, adultes, l'attitude des petits-enfants, de la voisine, tous débordants de prévenances un peu intempestives. Ce qui crée des circonstances drôles, amusantes, inattendues.
L'histoire est construite comme un pas de deux entre d'une part le grand-père et sa famille et d'autre part ce grand-père qui s'empare de la danse comme un exutoire bienfaisant. Les groupes, celui de la famille et celui des danseurs sont très riches en personnalités contrastées, toutes subtilement interprétées, avec des répliques et une voix off admirablement écrites sous le patronage de Marcel Proust, rien de moins.
Un thème bien nourri, mais discrètement, est celui du mensonge ; par omission, par nécessité, pour rendre service. Et le mensonge apparaît en filigrane comme un moyen de rapprochement plus qu'une trahison. L'une des nombreuses qualités de ce grand-père dont nous découvrons le portrait, c'est qu'il organise chez lui un restaurant-dortoir pour chats. Une sorte d'entre-soi d'entrechat, inspiré comme d'autres démarches originales, par son activité chorégraphique peut-être autant que par son tempérament.
La bande sonore est riche et très agréable grâce à une musique qui rythme un montage fluide et dynamique. La direction de la photographie d'Hichame Alaouié contribue avec talent à la juxtaposition des deux univers, à leurs ambiances, et elle va atteindre un som-met d'élégance lors de la conclusion du film qui, même si elle est prévisible, n'en est pas moins riche d'une sincère émotion.
De la réalisatrice, j'avais apprécié déjà Puppylove (021) commen-té par moi dans une lettre à ses producteurs. Last Dance donne à l'acteur François Berléand l'occasion d'exprimer tout son talent resté parfois méconnu malgré sa carrière de stakhanoviste du cinématographe qu'il a servi avec les plus grands metteurs en scène, dans tous les genres. Il forme ici un duo très attachant avec Kacey Mottet Klein, acteur apprécié déjà depuis Home et Keeper (193) L'Échange des princesses (463) Continuer (597) Tempête (1096) e.a.
Il faut aussi souligner la performance de la chorégraphe Maria Ri-bot, une vedette de la danse contemporaine qui contribue de façon déterminante à faire de ce film une invitation à s'en emparer car elle est l'expression de la vie même, surtout lorsqu'on est privé de celle de ses plus chères amours.