Nous allons suivre le retour d'un grand adolescent qui quitte son collège anglais pour rejoindre son père, en Nouvelle-Zélande. Entre eux les relations sont détestables. Et ce n'est pas l'arrivée de la grand-mère qui va améliorer la situation. Elle souffre de trois choses : un manque de mobilité, une addiction et un passé avec de grands silences. Son addiction est au gin qui provient du genièvre, le titre anglais du film. Une femme dévouée l'accompagne, mais elle quitte à certains moments cette maison et alors c'est le pe-tit-fils, en l'absence du père parti en voyage, qui sera au contact de cette dame admirablement interprétée par une Charlotte Rampling dont la carrière semble amplifier à chaque fois l'évidence d'un rare talent. Ce film est intéressant sans être d'une saisissante originalité. Mais il a le double mérite d'être dépaysant, dans des paysages rares et majestueux, et de nourrir la réflexion interpellante sur les secrets de famille. Pour accentuer le côté « autrefois », le film est supposé se dérouler dans les années 90 ce qui nous vaut des ac-cessoires d'époque. La fin prévisible de l'histoire, si elle se déroule de façon un peu théâtrale, appuyée, ne manque pas d'interpeler le spectateur car nul n'y échappera. Le réalisateur est un homme « de métier » qui a des films et des séries télé à son tableau de chasse mais je n'en ai vu aucun. Ce film-ci risque de ne pas être très soutenu, alors soyez attentifs à sa sortie, car bien que très classique, il soulève de bonnes questions intergénérationnelles.
Chargement des billets...