Il est des auteurs de cinéma dont la personnalité, le style gra-phique, photographique, vestimentaire, les cadres et positions de caméra sont tellement caractéristiques qu'une seule image suffit à les identifier comme l'on ne doute pas qu'un tableau soit de Ma-gritte ou de Mondrian.
Wes Anderson est de ceux-là dont le travail exprime une très forte et singulière personnalité qui se reconnait aussi par la façon de sé-quencer ses films par scènes et chapitres, par une direction d'acteur qui rend ses personnages inexpressifs, comme amidonnés et débitant leurs répliques sans émotion, souvent face caméra.
J'avais vu hélas sans plaisir un film d'animation Isle of Dogs (511) et un film de fiction The Grand Budapest Hôtel (90) de cet artiste hors normes, d'une originalité qui lui assure le concours de comédiens prestigieux et une réputation de grand créateur du cinéma. Cela se voit ; mais je n'y suis pas sensible, hélas.
Trois histoires s'emmêlent ce qui ne simplifie pas la compréhension : l'évocation des tournages télé des années cinquante qui dif-fusaient des « dramatiques » jouées en temps réel, en direct, sans montage. Aussi l'histoire de l'arrivée d'un extraterrestre dans ce lieu de fin du monde (tourné en Espagne) avec un cratère d'asté-roïde et au loin, le champignon provoqué par les essais nucléaires. Enfin une histoire plus ordinaire mais très curieusement, et selon moi mal exploitée, celle du deuil de l'épouse qui fait de ses trois petites punaises de filles des orphelines qui s'ignorent.
Bref un film très original, puissant, un univers très singulier mais dans lesquels il ne m'a pas été possible d'entrer ; à vous de faire le test.