Il semble que la fin de vie soit une préoccupation très présente sur nos écrans ; rien que dans ces derniers billets Juniper, Last Dance, La Plus Belle pour aller danser, A Good Person... et je m'en tiens là. En sachant bien que chaque fois l'approche proposée des dernières années de vies est très variable et dans ce film-ci, japonais, tout est singulier, radical, une anticipation qui nous semble possible, voir même une tentation à laquelle le nazisme déjà a succombé. Il s'agit d'imaginer qu'à cause du vieillissement de la population et de la charge financière qu'elle provoque, un plan est promus avec force publicité pour faciliter la mort volontaire à partir de 75 ans. Et nous apprendrons que vu le succès remporté, il est envisagé de passer à 65 ans...
La singularité du film est de nous faire partager des tranches de vie de personnes que nous observons plus que nous n'apprenons à les connaître. Celles que l'âge rapproche de cette potentielle décision, celles et ceux qui font la promotion de ces contrats de fin de vie et qui se donnent beaucoup de mal pour en rendre l'exécution aus-si paisible que possible. Jamais l'on n'entre dans des détails pratiques, tout est allusif, une question d'ambiance, d'introspection, de résignation. Ce qui ne donne pas au film un ton carnavalesque, il faut bien le dire. C'est un film de fiction, mais la réalité est qu'en 2040, plus du tiers des japonais seront plus âgés que 65 ans !
Ceux qui comme moi ont eu le plaisir d'admirer La Ballade de Na-rayama en 1983, un superbe film de Shôhei Imamura, savent que
« porter le poids des aïeux » n'est pas qu'une métaphore au pays du soleil levant. Ce film-ci, une dystopie qui serait assez glaçante, reste profondément humain par l'observation fine qui est faite de nombres de moments pleins d'humanité dans la vie de ces 5 personnes de plus en plus vieilles, pauvres, angoissées.
La réalisatrice a imaginé ce scénario et entrepris cette réalisation avec une singulière originalité qu'il faut percevoir à travers maints détails où la mort est en lutte discrète avec les moments où la vie s'accroche encore, quel que soit l'âge et la pauvreté. Un film riche et émouvant.