Magnifique ! Un film dont le sujet est aussi inattendu qu'original et traité d'une façon étonnante : une (double) enquête quasi policière pour un mystère qui ne relève ni du miracle ni de l'histoire sainte, mais qui interroge de façon très fouillée une question importante : l'accès des femmes à la prêtrise dans l'église catholique.
La réalisatrice au nom prédestiné est très reconnue et primée dans des productions de télévision. Ce film-ci est son premier long-mé-trage de cinéma et il est réussi, très élégamment photographié.
Il met en présence principalement François Berland, évêque, chef de l'église à Paris et l'excellente Karin Viard qui est chancelière dio-césaine ; encore un métier invisibilisé.
L'intérêt du film est triple : suivre les enquêtes menées depuis l'événement déclencheur du film. Découvrir la complexité des relations entre les protagonistes qui ne se dévoile que progressive-ment dans ce récit très bien écrit, scénarisé. S'interroger sur les enjeux qui sous-tendent ce récit.
La structure du récit est linéaire, simple et le spectateur va de dé-couvertes en surprises. Tout en constatant que les non-dits, les se-crets, les tactiques souvent délétères, les impostures n'arrivent jamais à cacher ce qui un jour va sortir de l'ombre, du silence, parfois de façon bouleversante, parfois de façon libératrice, toujours de façon édifiante comme une révélation. L'un des aspects réussis du film est la bonne distance gardée avec la religion et ses habitudes, ses rituels et aussi ses hypocrisies. Jamais le ton n'est véhément et l'on apprend même la cause du refus de la prêtrise aux femmes : le curé qui dit la messe n'est rien moins que le représentant de Jé-sus ! Un job qu'une femme ne saurait assumer, comme chacun sait.