Indy, la (pour)suite. Tout le monde connait les autres titres de cette franchise : L*es Aventuriers de l'arche perdue, Le Temple maudit, La Dernière Croisade, Le Royaume du crâne de cristal et pour en finir, ce film de très haut standing soutenu et financé par Spielberg et Lucas à hauteur de 300 millions de dollars et produit par Walt Dis-ney.
L'histoire est comme chaque fois très tarabiscotée et en saisir tous les méandres relève de l'exégèse, celles des films antérieurs et des mythes pseudo-historiques qui servent de toile de fond à cette aventure pour grands enfants. Nous assistons à une sorte de rêve qui ne s'encombre d'aucune invraisemblance ; il les assume toutes. Voyages dans le temps, dans l'espace, rencontres avec Archimède à Syracuse, confrontation une nouvelle fois avec les méchants na-zis. Choisir les nazis comme « méchants » est un bon choix qui évite tous les reproches que l'on adresse, à juste raison, lorsque le méchant est racisé ou, chose plus rare, interprété par une femme, version reliftée des harpies et des sorcières.
Ici la femme est bienveillante, protectrice mais elle sait ce qu'elle veut. Notre héros est rajeuni habilement grâce aux techniques nu-mériques mieux maîtrisées encore ici qu'elles ne le furent à leurs
débuts dans The Irishman (711). Mais la plupart des personnages sont caricaturaux, sans grande vie intérieure ni richesse psychologique. C'est la loi du genre qui veut que l'on se précipite de scènes d'action en cascades spectaculaires, en découvertes de boys scouts qui se prennent pour Schliemann et Howard Carter. Tous cela sur un rythme endiablé qui ne permet guère de se poser les bonnes questions, comme celle de savoir pourquoi tant d'argent pour tant de fantaisie, pourquoi tant de fake news données si non pour vraies, du moins pour possibles. Un jour ce héros sera étudié sous un autre angle que celui du magnifique acteur dont les perfor-mances éblouissent à chaque plan. Ce personnage d'archéologue incarne un type de virilité ridée, machiste et séduisante, une sorte d'idole qui a de l'humour et sait attendrir les enfants et les femmes, un père idéal, qui en plus fustige les méchants et dont le génie et l'intuition contribuent aux progrès de l'humanité.
Que demander de plus pour aller s'amuser pendant 154 minutes ; quel tour de cadran !
Chapeau bas, c'est sans doute ce que nous suggère le dernier plan du film.