Barbant ? Et bien pas du tout. C'est évidemment un film dont le style et le thème sont très singuliers, mais c'est ce qui en fait l'intérêt et je gage que cette production restera comme un signal fort dans l'histoire du cinéma. Son « démarrage en salle » fait exploser tous les plafonds de recettes avec 337 millions de dollars la première semaine ! A tout seigneur tout honneur, parlons d'abord de Margot Robbie qui incarne Barbie et qui est à l'initiative de cette aventure. Il fallait convaincre Mattel et vous découvrirez la façon dont cette méga entreprise détentrice des droits sur la marque Barbie est présentée dans le film ! Le nom Mattel est formé par troncation des deux prénoms des patrons de l'entreprise : Harold Matt Matson et Elliot Handler. C'est l'épouse de ce dernier qui a eu l'idée de cette poupée très novatrice à l'époque. Ce couple a deux enfants, Barba-ra et Kenneth... Il fallait aussi convaincre Warner et la réalisatrice qui se sont lancés dans cette aventure très couteuse, on parle de 100 millions de dollars. Margot Robbie est une comédienne austra-lienne exceptionnelle : Babylone (1111) pour ne citer que ce récent film où elle est éblouissante. Mais elle fut aussi partenaire de DiCa-prio pour Scorsese dans Le Loup de Wall Street, ou I, Tonya (484) et elle a travaillé avec Tarantino pour Once Upon a Time in Hollywood (683). Bref du très haut de gamme. Et vous serez sensibles à la particularité de son sourire dont les zygomatiques lui permettent de le maintenir indéfiniment sans jamais se figer. Inoubliable.
La poupée fut créée en 1959 ; Ken émerge 2 ans plus tard et c'est dans les années 90 que la poupée est « racisée », déclinée en plusieurs couleurs comme certains icônes de nos téléphones ou ordinateurs. Le politiquement correct est très suivi dans le film. On a le droit d'être enceinte, handicapé, d'une taille hors norme. Et si le LGBTQI+ n'est pas directement promu pour éviter sans doute que quelques marchés ne se ferment, il n'est pas très difficile de voir que certains Gentlemen (Don't) Prefer Blondes. Bref nous sommes à un carrefour culturel à côté duquel les Sans Culottes, les Khmer Rouges ou les Pistolero passent pour des enfants de cœur. Car en effet, nous assistons à rien de moins que la conquête du monde réel par le monde de Barbie. Christophe Colomb n'a été qu'un pâle précur-seur. Et Stanley Kubrick un débutant avec Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, réutilisé à l'entame du film pour mettre les rieurs du bon côté. La réalisatrice est chevronnée : Little Woman (760) Lady Bird (501) et elle réussit ici en sachant qu'elle sera conspuée par un certain public, celui qui n'ira pas voir le film, par principe, et celui qui, l'ayant vu, y trouvera tous les bons prétextes pour le piétiner.
Personnellement j'ai été très impressionné par l'unité des qualités multiples nécessaires à imposer un univers façon Disneyland mais ici, avec des humains. Et je prends les paris pour une Barbie bis car elle aide à voir la vie en rose.