Sisi est décidément une femme inspirante ! Romy Schneider en a fait une icône mais d'autres films ont montré du personnage des aspects bien différents comme Ludwig (1219) ou Corsage (1070). Ce film-ci s'empare de cette impératrice singulière, dans les dernières années de sa vie mais manifestement ce qui intéresse la réalisatrice c'est le personnage de la dame de compagnie qui conte cette histoire sans doute peu fidèle à la réalité mais très inspirante pour dépeindre un amour saphique qui en reste au stade des prélimi-naires mais qui n'en est pas moins douloureux et déchirant. Cette impératrice voyage, fréquente des gens infréquentables, souffre de mille tourments, psychologiques et physiques qui sont autant de sujets qui nourrissent une intrigue assez ténue par ailleurs tant la description des personnages et de leurs comportements oc-cupent le spectateur partagé entre incrédulité et voyeurisme. C'est
le regard de la dame de compagnie, la comtesse Irma Sztáray, qui nous guidera durant ces moments d'extravagance. Sandra Hüller interprète ce rôle de façon magnifique, son visage ingrat reflétant tous les tourments de son âme meurtrie. Nous l'avions déjà admirée dans Sybil (662). La réalisatrice en est encore à ses débuts et ce film-ci témoigne d'un style très travaillé, avec des images d'une grande beauté formelle qui rappellent l'Empire, mais aussi une vi-vacité des cadres qui saisissent les visages de façon très fluide, rapide, aidés en cela peut-être par le choix du 16 m/m. La bande sonore utilise des chansons anglaises qui me paraissent un peu hors de propos, mais cette volonté d'anachronisme se retrouve aussi dans les tenues de certaines séquences. Un beau film sur une forme de décadence qui n'est pas sans refléter quelques pen-chants actuels de notre société.