La principale vertu de cette branche est de porter un fruit dont la saveur et le talent nous annoncent d'autres interprétations remarquables, celles la comédienne Daphné Patakia, belgo-grecque qui n'en est pas à ses débuts. Elle a tourné en Grèce e.a. et a été remarquée dans le film Benedetta (846) qui lui a valu un Magritte en 2022 comme « Meilleur espoir féminin » dans ce film. Ce qui a inspiré sans doute son militantisme pour L'ADA dont elle est co-fondatrice, l'Association des Acteurices et dont l'objet est la défense et l'amé-lioration les conditions artistiques, techniques, déontologiques et la défense de l'intégrité physique et morale dans lesquelles ils/elles exercent leurs compétences. Bref lutter contre l'exploitation des corps dans le cinéma.
Cette comédienne est saisissante dans le rôle principal, Mimi, une jeune femme très perturbée mentalement et qui essaye de se réinsérer dans une vie ordinaire. Mimi s'incruste dans un cabinet d'avocats à la dérive et rencontre l'un des associés, interprété par Benoît Poelvoorde qui nous campe un personnage improbable, mais d'une façon très intéressante, mélange de névrose, d'humour et de faiblesses. L'acteur exceptionnel, Raphaël Quenard découvert
avec admiration dans Chien de la classe (1207) a quelques courtes scènes très savoureuses où la nymphomanie de Mimi s'exprime de façon amusante, avant une tentative rocambolesque de séquence de film de gangsters débutants.
La réalisatrice a travaillé comme scénariste et c'est son troisième long métrage qui ne manque pas de qualités mais aurait pu être moins « construit » et plus ancré dans une vraisemblance qui manque un peu ici.Comme l'histoire se laisse regarder et qu'elle nous vaut des scènes amusantes, inattendues, hélas manquant d'une bonne concaténation, le film est distrayant mais reste un peu en rase-motte et souffre de manque de crescendo, avec des répétitions qui n'apportent rien et ne font pas avancer le récit. Ce qui est particulièrement incompréhensible c'est la présence mas-sive du financement belge, en tax shelter mais pas seulement, pour un film qui n'a de belge, me semble-t-il, que la nationalité de deux comédiens dont la notoriété devrait suffire pour éviter une impor-tation d'argent belge au cinéma français même pour un film plai-sant à maints égards, à voir si l'été pluvieux vous donne envie d'une agréable distraction.