Une histoire de super zéro de la pire engeance. Nous sommes à El Paso au Texas et la distribution assume avec un paternalisme consternant la « racisation » mexicaine de la famille dont est issu le héros, un brillant étudiant qui revient chez lui, études faites. Sa sœur est en surpoids, il faut casser les codes ! Dans la famille, une grand-mère fantasque qui va nous valoir quelques moments amu-sants lorsqu'elle révèlera son passé de guérilléros. L'antagoniste est une dame (oui, là aussi soyons innovant) Madame Kord, héri-tière d'un empire de marchands d'armes. Elle est fâchée avec sa nièce, idéaliste.
Les connaisseurs s'amuseront de découvrir la veuve de Ted Kord, personnage de bande dessinée à l'origine de ce scarabée bleu. La nièce va exfiltrer ce scarabée aux pouvoirs extravagants : il s'in-cruste dans le corps pour donner à celui-ci une sorte de carapace et des capacités phénoménales. Vous devinez déjà que le brillant étudiant sera l'hôte de ce blue beetle. Et il aura fort à faire car le garde du corps de Madame Kord sera chargé de récupérer cette étrange créature. Comme il est lui aussi une espèce de cyborg aux pouvoirs surréels, nous allons assister à des combats intermi-nables, répétitifs, d'une violence qui dépasse l'imaginable. L'actrice Susan Sarandon, personnalité très engagée dans la politique américaine, est instrumentalisée dans ce film dont elle ne semble rien comprendre ni mesurer le degré de crétinisme abyssal et affligeant qu'aucun effet spécial (et il y en a en rafales) n'arrive à occulter. Les couleurs bleue et rouge des deux héros robotisés évoquent sans doute, volontairement ou non, les démocrates et les républicains. Le réalisateur portoricain a manifestement pris plaisir à donner une tournure folklorique latino à certaines séquences, mais c'est comme une tortilla sans épice ou des pois chiches sans chorizo. Immangeable. La musique est insupportable aussi, alors que son auteur à succès, Bobby Krlic, avait séduit par exemple dans Mid-sommar (684) mais déjà beaucoup moins dans Beau is Afraid (1192) du même Ari Aster.
Cette production est un label DC, (Detective Comics, ou DCU pour Detective Comics Univers), né dans les années trente et qui, à travers le cinéma, nous bombarde de super héros : Batman, Super-man, Catwoman, Suicide Squad, Joker,... C'est un modèle social in-supportable où la violence, le machisme, le mépris de son prochain, le masculinisme, le cynisme et l'égoïsme sont les vertus premières. Un genre cinématographique qui mérite qu'on y réfléchisse en termes d'expression anticipée d'un mode de relations sociales qui ne doit pas déplaire aux assaillants du Capitol.