Ce n'est pas un coup d'essai pour ce réalisateur qui s'était fait re-marquer déjà pour Le Mystère Henri Pick (619) Nos futurs, Un heureux événement, Le Premier Jour du reste de ma vie. Un cinéma de dialogues, ancré dans notre monde qui, ici est présenté avec autant d'humour que d'ironie. Un buddy movie mettant en présence un artiste bourru et asocial avec son galeriste dévoué au-delà du compréhensible. C'est ce lien qui structure le film de façon très amusante. Bouli Lanners ne doit guère faire d'efforts pour se glis-ser dans la peau d'un ours mal léché, il fait cela avec beaucoup de naturel. Vincent Macaigne m'a semblé plus juste ici qu'il ne l'a été dans Quand tu seras grand (1148) mais il est cette fois aussi convaincant que dans Médecin de nuit (824) par exemple. Bastien Ughetto fait une prestation très sympathique, lui que Benoît Mariage avait si remarquablement dirigé dans Habib, la grande aventure (1181). C'est un acteur qui travaille beaucoup depuis une dizaine d'années et qui va certainement s'imposer au premier plan des grands talents français.
Le film est une comédie, pas si légère que cela, sans jamais tomber dans la prise de tête sur la valeur de l'art, la force d'une amitié, les carricatures de certains personnages (amateur d'art, critique d'art, patron d'entreprise,...). Il faut se laisser entrainer dans ce qui est aussi une histoire de couple qui, dans ce milieu artistique, amène des situations rocambolesques, des retournements qui donnent aux spectateurs le plaisir qu'une fantaisie légèrement outrancière permet de déguster avec gourmandise.