Deux amis partent pour un séjour dans la maison de campagne des parents de l'un d'eux. L'autre est écrivain, à la recherche d'un endroit calme pour travailler. Une personne occupe de façon inattendue ce lieu proche d'une plage dont le surveillant rejoindra le trio, auquel s'ajoutera ensuite un éditeur.
Espace clos à l'exception d'un ravitaillement en grande surface et de la fin qui se passe ailleurs, une dynamique de groupe très pas-sionnante à suivre et des enjeux souvent d'une puissante symbolique, tout cela crée une histoire apparemment banale, une succession de petites choses de la vie quotidienne. Mais les protagonistes vont révéler de leur personnage des aspects inattendus qui feront
« avancer » le récit qui se déroule dans une atmosphère de plus en plus pesante.
Le ciel rouge apparaît petit à petit car un incendie fait rage, au loin. Ce qui nous vaut des passages sonores et inquiétants d'avions et d'hélicoptères. Un vent permanant secoue les arbres qui en deviennent bruyants, et l'évolution de ce feu va nous amener d'im-pressionnants retournement de situation. Cet été 2023 si souvent marqué par des incendies, crédibilise hélas ce drame imaginé in tempore non suspecto. Ce n'est pas un film opportuniste, mais il montre et fait entendre la désolation du ravage des flammes dans la forêt.
Le réalisateur dont nous avions vu Phoenix (109) et Transit (580) est un allemand qui travaille les thèmes douloureux de son pays avec un sens exceptionnel des atmosphères, des personnages mystérieux, habités et complexes. Celui interprété par Paula Beer est particulièrement attachant, elle qui a tourné Transit avec ce réalisateur, Frantz avec Ozon (300) et Werk ohne Autor (602) d'un autre réalisateur allemand.