Ça réveille ! La première scène est un régal de dialogues et d'éner-gie entre deux acteurs au mieux de leur forme, le réalisateur et Karin Viard co-autrice de ces phrases qui, tout au long du film, en feront son charme principal. La deuxième séquence est hilarante, avec une voix off façon GPS « Dès que possible, faites demi-tour » ou autres injonctions incongrues et exaspérantes.
Ensuite commence une errance de deux adultes dans la quaran-taine, confrontés à toutes les questions de cet âge. Mais avec une désinvolture, un bagout, un sens de la transgression amusante qui pimentent leur parcours d'âmes en peine qui déambulent dans un Paris endormi.
Le film semble avoir été tourné comme un reportage, avec une caméra très mobile, une lumière dépendante de celles qui éclaire les lieux visités, des échanges comme improvisés, une magnifique leçon d'écriture de dialogues ! 14 jours de tournage seulement pour presqu'autant de séquences qui contrastent entre elles mais ap-portent chaque fois un regard supplémentaire sur ce voyage au bout de la nuit. Voyage un peu longuet jusqu'à ce qu'une séquence de fin, en plein jour, ajoute une émotion et une interrogation nouvelles pour ces naufragés du cœur.