Cette réalisatrice est sans doute l'une des plus talentueuses et originales en pleine activité dans notre pays aux cultures mélangées. Home (346) était son 4e long-métrage et celui-ci est nourri des mêmes particularités psychologiques et formelles qui font de ce cinéma un témoignage rare sur les grands ados qui semblent vivre
« comme tout le monde ».
La réalisatrice démontre de façon intimiste sa capacité à capturer ce qui, le plus souvent ne retient pas nos regards pressés. Holly est une adolescente au comportement un peu replié sur elle-même, peu loquace. Elle est la copine dans son école du garçon dont tous se moquent car il semble un peu singulier, fragile et colérique. Ce petit monde scolaire et familiale va être dramatiquement ébranlé par un événement tragique qui marquera pour tous un avant et un
après mettant en évidence les singularités un peu mystérieuses d'Holly, affligée par ses camarade du sobriquet de « sorcière ».
Et tout le film nous rend témoin de ces innombrables petites choses qui ponctuent ces destins tellement ordinaires dans un milieu sociale si bien dépeint. Rien n'est explicite ou lourdement appuyé. Quelques mains serrées ou posées semblent être le mode d'échange le plus intense de ces émotions qui se partagent, s'ob-servent, se ressentent grâce aux images qui captent magnifiquement les regards, les moues, les colères ou les mutismes qui com-posent cette guirlande d'émotions. Elles sont toutes induites par la compassion et le souci de l'autre, confronté en quelques rares scènes au cynisme et à la violence qui rend plus nécessaire encore cette fraternité naissante entre personnes fragiles.