Le cinéma Palace a projeté une copie exceptionnelle (technicolor d'origine, peu usée car tôt retirée de la distribution) de ce film my-thique et l'on retrouve le plaisir un peu nostalgique d'un cinéma de genre qui a été tourné avec un sens exceptionnel du scénario et avec des acteurs qui restent tous des références, Robert Redford et Paul Newman en sont les vedettes.
L'histoire est parfaitement immorale, mais l'on sait bien que ce n'est qu'une fantaisie et la présence d'un manège de chevaux indique s'il le fallait encore, que l'on est invité à un moment de distraction. Plusieurs arnaques se succèdent, la substitution d'une liasse de dol-lars par du papier, la tricherie au poker puis, le comble, une mise en scène liée aux courses de chevaux et des faux assassinats. Tout cela dans des décors des années trente, avec des extérieurs de Chicago qui sont très bien mis en valeur. La musique du film, dite de « ragtime » reste dans les mémoires. Ce qui la caractérise, c'est le décalage du tempo entre les deux mains du pianiste, musique précurseur du jazz.
Bref un moment de grand plaisir dont l'un m'a particulièrement amusé, c'est le nombre de courses-poursuites à toutes jambes qui se succèdent, et les plants de chaussures qui marquent la marche, la montée d'escaliers et tout cela est bruité de façon parfaite ce qui donne une sorte de percussion bien venue pour rythmer un film qu'il a été bien agréable de (re)voir dans d'aussi bonnes conditions.