Le sujet inverse le cliché de la famille monoparentale, de la mère célibataire. Ici, c'est le duo père-fille qui est le cœur du récit qui s'étend sur 20 ans. Mais sans jamais trainer car les répliques claquent entre ces deux forts caractères. Le football amateur est bien décrit par le réalisateur, ancien reporter sportif. Cette activité de coach procure un modeste revenu au père qui s'occupe très sérieusement de sa fille, au point même de ne guère faire de place à une autre femme dans sa vie, avant que la fille ne soit pratiquement adulte, qu'elle connaisse aussi les émois de l'amour. Mais d'une façon qu'il faut qualifier de « moderne » tant les codes diffèrent qui distinguent les deux générations.
Si le père, Nahuel Pérez Biscayart ne m'a guère convaincu, handi-capé par le vieillissement de 20 années qui passe mal, sa fille jeune
adulte, Céleste Brunnquell, est percutante et très photogénique malgré ses traits ordinaires. Une actrice, vue déjà dans L'Origine du mal (1053) qui va défendre des grands rôles, elle en a le talent !
Ce qui fait le charme de ce film « tranche de vie, coming out of age » c'est la rapidité et la vivacité du récit. Le but semblant être de nous rendre témoins de moments clés d'une évolution de ce tan-dem un peu incestuel mais qui souligne bien les complications or-dinaires que doivent affronter les personnes qui n'entrent pas dans le schéma parental classique. Le rebondissement de la fin du film sera ressenti par d'aucun comme très artificiel, construit, mais sa charge émotionnelle et symbolique me semble bien correspondre à une fin « ouverte » comme cela semble de plus en plus la mode pour terminer un film, de façon non conclusive.