Cet auteur de nombreux romans et réalisateur prolifique, tant ad-miré par moi pour La Religieuse (017) et Les Confins du monde (569) change une fois encore de registre et réussit admirablement ce film plus intimiste, contemporain. Il est inspiré du roman de Fanny Chesnel, Le Berceau qui sera évoqué symboliquement dans le film. Le récit repose sur les épaules de Fabrice Lucchini qui m'a semblé exceptionnellement convaincant, mais aussi sur le talent impres-sionnant de Mara Taquin, remarquée déjà dans Hors normes (707) La Ruche (981) Rien à foutre (946) La Syndicaliste (1151) e.a. qui sont les premiers jalons d'une carrière qui s'annonce de tout premier plan pour cette comédienne belge.
L'histoire très touchante, originale et admirablement menée est à découvrir à l'écran. Elle met en jeu nombres de préoccupations très contemporaines liées à la famille, à ses joies, ses douleurs, ses incompréhensions mais aussi sa solidarité. La caméra très mobile et les éclairages d'Yves Cape donnent au déroulement du film un dynamisme qui nous rend presque participant des scènes qui se déroulent sous nos yeux.
L'un des charmes du film est la place qu'y occupe la Flandre (Gand et la côte) la langue flamande (Lucchini doit encore progresser !) et de nombreux et excellents acteurs néerlandophones de chez nous. Ce n'est pas seulement pour faire « exotique » mais c'est parce que la Belgique, contrairement à la France, accepte la GPA, la gestation pour autrui.
Comme l'action se déroule sur plusieurs mois, l'évolution psychologique, le changement d'attitude des protagonistes sont tout à fait crédibles. C'est compréhensible, car les enjeux sont d'une rare importance pour les personnes, nombreuses, qui y sont confrontés.
Ce film fait partie de ceux que l'on risque de ne pas remarquer dans l'offre abondante actuelle, alors qu'il est remarquable. Ce genre de sujet intimiste, subtilement exposé par de petites séquences qui, les unes après les autres, révèlent l'ampleur des sujets et de leurs conséquences proposées à notre réflexion, me semble plus généralement traité par les cinéastes anglais. Nous retrouvons ici toute la bienveillante attention pour des êtres fragilisés par la vie, sans pour autant exclure l'humour, les échanges parfois vifs, tout ce qui atteste et de l'importance des enjeux (l'avenir de « La Petite ») et de la multiplicité des points de vue qui sont exprimés. La Petite est une grande réussite.
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