AnTONIna est une mère de 5 adolescents bouillonnants qu'elle élève avec une infinie générosité, malgré l'ambiance échevelée qui règne dans leur logement à Nice. Elle est un parfait exemple de la mère attelée au lourd tombereau de la reproduction. Il ne faut rien dire de l'histoire qui se déroule sous nos yeux à un rythme souvent déchaîné comme il convient lorsque c'est celui d'ados en recherche d'eux-mêmes. Et leur mère, elle aussi, aimerait se consacrer un peu à elle. Bref un sujet à propos de la (sur)charge mentale qui est mené de façon magistrale, drôle, émouvante et très subtilement diversi-fiée entre chacun des protagonistes, tous excellents.
Je vous recommande les trajets dans la voiture surchargée qui de-vient un forum et dans laquelle la caméra trouve encore la place pour y faire des plans mobiles époustouflants. Le réalisateur en est
à son deuxième long métrage et semble un surdoué dans le monde de la production qu'il n'a pas appris à connaître avant de s'y lancer !
Ce qui retient positivement l'attention dans ce portrait d'une mère de famille est la « vérité perçue » de chacun ; par les répliques, les attitudes, les interactions et l'abondance des ressentis exprimés de multiples façons. Camille Cotin est souveraine dans ce film qui est un peu son portrait, comme étaient peints Marie-Antoinette et ses enfants par Vigée-Le Brun ou François Gérard qui décrivait la reine de Naples et ses enfants. Ici l'on bouge, on parle, on est ému et en sortant de la projection l'impression qui s'ajoute au plaisir de ce portrait très réussi, c'est la réflexion que provoque le destin de ces mères femmes de ménage qui un moment espèrent relever la tête et vivre pour elle-même, et plus « en famille ».