En plein dans le mur ! Et c'est bien dommage car ce réalisateur avait particulièrement réussi Insyriated (476) en particulier par la qualité du scénario. Ici, il est très faible, versant dans toutes les fa-cilités d'un récit qui aurait pu être très intéressant : l'attitude d'une garde-frontière hyper zélée, radicale, face aux migrants mexicains, des braceros, qui s'infiltrent aux USA au péril de leur vie.
Et c'est un défilé de clichés. Certes la comédienne est particulièrement convaincante, Vicky Krieps, actrice luxembourgeoise admirée e.a. dans le rôle de Sisi pour Corsage (1070) et dans Le Jeune Karl Marx (451) ou Phantom Thread (478) par exemple.
La famille de cette garde-frontière est un sujet intéressant mais mal développé au-delà de la maladie de la jeune épouse, avec un côté « catholiques intégristes », sans que ce thème communau-taire ne soit développé. La scène de coït rémunéré au début du film est d'une faiblesse et d'une inutilité totale. On sent bien l'attaque sous-jacente du trumpisme, mais bien mollement menée. Le racisme viscéral, violent s'exprime plus par des crises d'hystérie que
par une approche sociologique bien étudiée. Le récit manque de rythme et l'on attend avec une impatience croissante la suite de ce qui se voudrait être un western moderne et qui n'est qu'une faible évocation d'un problème, d'un drame universel, celui de la lutte contre les mouvements de population. Le mur semble infranchis-sable entre une histoire qui se vautre et un sujet qui aurait dû nous passionner.