Il est très difficile de chroniquer un film comme celui-ci car si l'on en évoque la spécificité, l'originalité même du scénario est divul-gachée. Nous suivrons un père et son fils adolescent dans une histoire de pure fiction mais qui ne semble pas totalement invraisemblable, d'autant que les personnes concernées le sont à des degrés divers, et de façon évolutive. Les questions soulevées ne sont pas anodines qui nous renvoient à nous-même, à nos valeurs, celles de la solidarité, à nos critères, ceux de la normalité. Que faire lorsque des êtres se transforment à un point tel qu'ils doivent être préser-vés d'eux-mêmes et que la société doit être protégée ? Ce sont les enjeux depuis le noyau familial jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre qui rendent ce film haletant. Parce qu'il est tourné dans des
lieux que nous pourrions tous fréquenter, la ville, l'école, les forêts. L'image est d'une impressionnante beauté et la bande sonore fait entendre Le Cri de Edvard Much avec une vibrante intensité qui devient un langage. Formé à La Fémis comme scénariste, ce réalisateur avait déjà impressionné avec Les Combattants il y a une dizaine d'années qui traitait aussi d'un comportement « marginal » face à l'évolution du monde. Ici le recours très talentueux aux effets spéciaux (SFX ou VFX pour parler branché) est aussi spectaculaire que réussi, motivé surtout par les nécessités de l'histoire. Un film aussi beau qu'impressionnant où règne l'animal qui sommeille en chacun de nous.