C'est sans mystère, un Hercule Poirot peu inspiré, à la retraite, qui dans un palais de la Sérénissime, essaye de débroussailler d'invrai-semblables manifestations de spiritisme et de petits meurtres en famille, histoire sans doute de faciliter le rapprochement avec Mort à Venise quand ce n'est pas sur le Nil.,Le recours très mécanique aux plans « chocs » essaye de rythmer un récit qui s'emberlificote à un point tel que l'on s'y perd un peu. Personnellement j'ai trou-vé les styles de jeux des acteurs très surfaits. Est-ce pour donner l'impression, avec l'aide de très beaux costumes, que l'action se déroule vraiment en 1947 ? Belfast (940) de cet immense acteur et réalisateur m'avait impressionné et ce film-ci est le troisième
Poirot après Le Crime de l'Orient Express et Mort sur le Nil (930), des films de genre où le flegme, les tasses de thé, des décors très so-phistiqués et une légère hystérie ambiante essayent de distraire avec plus ou moins de succès. L'unité de lieu est pratiquement absolue, comme celle de temps puisque notre affaire se déroule un soir d'Halloween. De belles images de Venise, des pluies inquié-tantes, des effets d'éclairage à la bougie et d'autres trucages qui permettent de marcher au plafond, essayent de donner à cette intrigue un parfum un peu suranné de magie noire et de déchire-ments affreux et mortels auxquels, heureusement, l'on ne croit pas une seconde. Ce qui fait un peu le mystère de ce film.