Voilà un film qui s'annonce bien : un long-métrage belge, après, du même réalisateur, Braquer Poitiers - Lucie perd son cheval. Le film est magnifiquement mis en lumière par Florian Berutti (*Pompéi
-763- Ailleurs si j'y suis -1083-), avec un casting taillé au burin et une belle découverte, la jeune et talentueuse Louise Leroy (pianiste professionnelle, ce qui nous vaut un moment de qualité qui tranche avec la tonitruance de la bande musicale).
L'histoire semble être un suspens de gangsters et l'enquête d'un
« privé » avec l'utilisation intrigante de frères jumeaux.
Malheureusement le scénario est très mal maîtrisé, une parfaite illustration de ce qu'il faut éviter : se lancer dans un tournage sans en avoir très rigoureusement écrit l'histoire.
Résultat, des longueurs, des confusions, des événements qui jail-lissent sans préparation, des enjeux abscons, bref, tout un fatras qui finit par ressembler à un défilé de clichés un peu lourds et manquant d'originalité. Sentiment accentué par le fait que la réalisation se veut très référencée au cinéma américain. Metteur en scène de théâtre, le réalisateur s'est sans doute senti débordé par ce qu'il écrivait en collaboration avec Kostia Testut pourtant for-mé par Jean-Claude Carrière. Ils n'ont pu éviter une histoire aussi décousue que peu imaginative, allant de scènes dialoguées assez adroitement, en déambulations fastidieuses.
Le (trop long) montage accentue ces ruptures de rythme, mala-droites, que l'on sent inspirées par le désir d'étonner et d'amuser dans une scène peu en lien avec les autres. Ce qui donne cette impression que le film a été construit au magasin des accessoires.