Ce film est un remake d'une production danoise qui conte le retour d'un fils de 17 ans chez son père dont il vivait éloigné. Il doit s'ha-bituer à partager la vie de sa belle-mère et de ses deux jeunes de-mi-sœurs, enfants adoptées. Tout cela dans un luxe bourgeois très cliché. Et l'on comprend tout de suite que les relations entre le fils et sa belle-mère vont prendre une tournure très intime. 4 scènes de sexe scandent le film : d'abord celle entre le mari et la femme, histoire de bien faire comprendre qu'il n'est pas très doué et qu'elle n'en éprouve guère de plaisir. Ensuite la scène de transgression entre la belle-mère et son beau-fils, passionnée. La troisième scène illustre que ce jeune homme fait preuve de talent en la matière. Et la qua-trième scène entre eux est torride. La réalisatrice s'attarde chaque fois longuement sur le visage de la femme, y cherchant l'expression intime de ses troubles. Symétriquement si j'ose dire, il y a, je crois,
4 scènes de repas qui illustrent la grande difficulté de communi-quer, de se parler, d'échanger ses (re)sentiments. Pour le reste, le récit est conforme à ce qu'il doit être pour montrer cette relation disons non prévue. Avec quelques très inventifs retournement de situation à découvrir dans la troisième partie du film. La metteur en scène a un long parcours comme scénariste, romancière et réali-satrice d'une quinzaine de longs métrages. On sent bien qu'elle a du métier et le film se déroule dans un tempo bien maîtrisé, avec des dialogues précis mais peu surprenants. Ce qui fait l'intérêt du film, au-delà de la bluette transgressive, c'est le moment du soupçon, la question de la crédibilité du témoignage de la personne incriminée. Qui croire quand c'est une parole contre une autre ? Le choix n'est-il pas alors révélateur d'autres enjeux ? Un film qui fait passer un bon moment, dû pour une large part au talent de Léa Drucker.