Mesdames, restez célibataires. Car se cogner des beaufs de ce format, c’est à vous rendre nones.
Feydeau et Sacha Guitry sont de retour, en couleur. Avec ce qu’il y a de pire dans le cinéma français : la recherche de répliques cu-cultes, des numéros d’acteurs, des rebondissements et des retournements, le tout téléphoné au propre comme au figuré.
On s’en accommoderait un soir à la télé si il n’y a ni foot ni The Voice.
La formule est bien rodée : une pièce de théâtre à succès, filmée en studio. Avec un peu d’extérieurs, histoire de faire un peu plus cinéma.
Parfois c’est épatant (*Le prénom, Carnage de Polanski...) ici c’est comme un gâteau mal cuit : plein de bonnes intentions mais d’une lourdeur terrible.
Même les acteurs sont mauvais. Faut le faire ! Sauf dans leur « numéro ». Alors ça redonne un peu de courage pour supporter la suite de l’histoire. Le décor est prétentieux, très mal éclairé ou plus exactement à la recherche d’effets de lumière, pour faire bonne impression.
Il en est de même des mouvements de caméra, des cadrages toujours à la recherche de l’effet, histoire de se faire dire « Quel vrai travail de vrai cinéaste pour un vrai film qui sublime un vrai succès de vrai théâtre ».
Le pire sans doute est d’essayer de se marrer parce que son pote a étranglé sa femme. Peut-être n’y pense-t-on pas de prime abord, car l’on baigne dans l’eau tiède et savonneuse de la comédie fran-chouillarde, mais c’est tout de même d’un cynisme, d’une barbarie dégradante. Ce qui se tolère peut-être au bistrot devient dans un tel déploiement de moyens et un tel dévoiement de talents, une véritable offense.