J'aime, j'aime le film ! Le récit d'une famille très dysfonctionnelle, west vlaams avec un accent superbe (sous-titré aussi en flamand !). La sœur est mère d'un gamin prépubère, très sympa. Elle a deux frères, une belle-sœur pas piquée des hannetons, et une mère que nous découvrirons en dernier lieu. Car c'est essentiellement l'histoire vue par la sœur qui se déroule durant quelques mois. Et il s'en passe des choses ; à découvrir en salle. Les acteurs sont tous formidables de naturel et la façon de les filmer m'a semblée très appropriée, la caméra à la main, de près, souvent en légère plongée. Cela me semble une très belle réussite dans la catégorie
« portrait social ». C'est la première fiction de ce réalisateur qui a beaucoup tourné pour la télévision et comme acteur. Nous l'avions
vu e.a. dans Lola vers la mer (724) Le Ciel Flamand (330) et il me pa-rait être le parfait exemple de ces créateurs, réalisateurs flamands qui donnent à leurs films des racines ancrées dans le terroir, et plus des sujets traités « à l'américaine ». Ce sujet-ci mélange la proximité avec la mort et le besoin de liens, de bienveillance et de tendresse, l'humour cohabite avec une certaine violence, celle induite par l'incompréhension, les non-dits, l'abandon et les ran-cunes recuites. Rien n'est expliqué lourdement, nous découvrons les choses plus par les échanges de regards que par de longues et inutiles explications. C'est un cinéma, rare, qui témoigne de l'amour de la vie.