Compliqué comme l'amour. Ce très mauvais titre cache un sujet certes éternel, mais traité ici avec une modernité très affirmée, et illustré avec une crudité qui fera fuir les prudes.
Nous sommes au Canada, parmi quelques bourgeois nantis, francophones (ce qui nécessite un sous-titrage amusant !). Ils ont tous cet âge pivot de la quarantaine. Certains ont des enfants, certains s'occupent aussi de leurs parents vieillissants. Le personnage central est une professeure de philosophie pleine de charme élégant et d'un grand charisme. Nous assistons à quelques fragments de ses conférences qui portent sur la conception de l'amour chez les grands philosophes. Ces moments scandent, et donnent du sens à l'évolution des attitudes des uns et des autres. A découvrir dans le film, mais c'est montré avec une vigueur, une sorte de volonté de
démontrer que nul ne peut connaître et maîtriser sa vie intime, la violence des sentiments, des pulsions qui, de façon imprévue, vont bouleverser les vies. La réalisatrice a déjà une importante carrière de comédienne, vue e.a. dans Falcon lake (1071) où elle était la mère du jeune garçon. C'est Magalie Lépine Blondeau, proche amie de la réalisatrice, qui interprète magistralement le rôle central de son troisième long métrage, remarquable par la façon de capter les instants fugaces qui font naitre entre des êtres qui se fréquentent régulièrement, des moments de vertige.
Il y a beaucoup d'humour qui assaisonne les scènes collectives, re-pas, et autres moments dialogués. Et l'on comprend au fil de l'histoire qu'elle nous mène vers le constat, dure, lucide, que rien n'est simple lorsqu'on aime aimer. Et ce film est plus qu'aimable.