Un flot d'énergie, de véhémence, d'un féminisme de combat interprété par une comédienne très convaincante qui incarne un personnage « inspiré » par Florence Arthaud, la célèbre navigatrice qui, la première, a gagné la course du rhum en solitaire. Active au théâtre, dans les séries télé, Stéphane Caillard s'impose de façon magistrale dans ce 10e film dans lequel elle assume le rôle-titre. Avec tout ce que cela impose de gourmandise sexuelle mais cette fois, c'est la femme qui tient la barre. Et de quelle façon ! Nous découvrons ce caractère bien trempé à la sortie de l'adolescence, déjà surexcitée, attirée par les ivresses de l'alcool, de la vitesse, du charme.
Et le biopic nous propose des moments de vie impliquant nombre de personnalités et de lieux, la famille aussi qui joue un rôle essentiel. Le père est éditeur et l'un de ses auteurs est Tabarly... Il ne me parait pas essentiel de mesurer les éléments réels issus de la vie de cette femme, ou empruntés au livre de Yann Queffélec La mer et au-delà. C'est le personnage tel que proposé par la cinéaste (amie de Florence Arthaud !) qui retient l'attention. C'est la vigueur de cette femme en toutes circonstance qui est bluffant. La réalisatrice a un parcours riche et varié, de comédienne au cinéma et au théâtre, de navigatrice avec Philippe Poupon, ancien équipier de Tabarly. Elle est aussi auteure de nombreux romans et réalisatrice de documentaires. Ceci est son premier long métrage et il me semble être le vigoureux témoin des passions qui habitent les hommes de voiles et des femmes qui ont dû lutter âprement pour s'imposer dans ce milieu dépeint sans fard dans ce film.
J'aurais aimé que la course en solitaire ait été mieux documentées, que l'on sache qui était poursuivant, quels étaient les contraintes techniques... Et je regrette un peu que le sponsor du Pierre Ier, la société immobilière dirigée à l'époque par Christian Garrel qui a consacré 4,5 millions d'euro à la fabrication du trimaran légendaire soit mal mis en valeur. Le bateau rebaptisé Flo pour les besoins du film, est bien le bateau avec lequel Florence Arthaud a connu ses plus belles victoires. L'utilisation un peu hasardeuse de la voix off aide à comprendre les enjeux de cette femme et plusieurs scènes démontrent que même les grandes gueules peuvent être submer-gées par l'émotion.