Oui le cinéma fascisant, nazi et hyper réactionnaire existe, ce film en est la consternante illustration.
C'est l'apologie de la violence, le machisme à l'ancienne, l'incitation à la haine, la suprématie de l'homme blanc (et blond...), la femme noire est la méchante, et le goût de l'uniforme très IIIe Reich, de la discipline et l'obéissance à la soviétique mettent un comble à cette fresque qui convoque Shakespeare (*Coriolan), l'Empire romain et l'athénien Thésée, et pour les connaisseurs, l'emploi du nom de Lucy Gray réfère au romantisme anglais. Bref une sorte de salade mixte mal assaisonnée.
La phrase conclusive de ce pensum de 2h38' est, à peu près, « Il faut se venger le plus durement possible de ses ennemis pour qu'ils n'oublient pas le mal qu'ils nous ont fait ». Par les temps qui courent, voilà qui donne la nausée.
Ce réalisateur de clips pour vedette de la chanson et des réseaux sociaux, en est à son troisième film de la franchise Hunger games, les jeux de la faim, qui me coupent l'appétit.
Ce film est un préquel des autres opus de la même série inspirés des romans à succès de Suzanne Collins. On peut aimer le style fantasy mais il ne faut pas être aveugle sur l'idéologie sous-jacente qu'il véhicule, inspirée peut-être par la carrière militaire du père de l'autrice, marquée par la guerre du Vietnam et ses séquelles post-traumatiques. Ce film est scindé prétentieusement en trois parties : la première essaye d'expliquer une activité embrouillée dans laquelle se mélangent des ambitions qui se télescopent sans que l'on n'y comprenne grand-chose. Mais le héros est sauvé par une femme et l'amour va les rapprocher. La deuxième relève des plus absurdes évolutions dans lesquelles se mélangent mouchoir, poison, serpents et je ne sais quoi encore. La troisième partie se veut plus politique car elle souligne l'antagonisme entre la capitale, dont le nom est Capitol et les districts, le 12e en particulier.
Bref, armez-vous de courage car ce film est tout sauf un jeu. Et je n'ai pas fait de faute d'orthographe dans le titre, pour une fois. La ballade est un petit poème narratif écrit en strophes contenant un refrain et terminant par un envoi.