Pour tuer le temps. Un polar sophistiqué, une production de luxe pour un film d'une vacuité étonnante : à quoi peut donc servir ce genre de film ?
Nous suivons la vie solitaire d'un tueur professionnel et devons subir sa voix off qui exprime ses réflexions proches de la débilité sur sa façon d'agir. C'est évidemment un super héros, maître des technolo-gies les plus avancées, tireur d'élite avec des engins hyper sophisti-qués, disposant de moyens illimités, de planques véritables cavernes d'Ali Baba qui lui permettent de s'équiper et de changer d'identité à chaque voyage qu'il fait en avion à travers le monde à la recherche de ceux qui le recherche, avec l'intention d'en découdre au sujet d'on ne sait trop quoi. Bien entendu, cette Odyssée est jonchée de cadavres et une scène au moins vous sort de la torpeur, celle du dialogue avec Tilda Swinton qui est à nouveau exceptionnelle.
C'est une production Netflix, ce qui étonne car l'image est tellement sombre que voir le film à la télé risque d'être un supplice. Il y a même un combat de catch entre le héros et un videur bodybuildé qui se déroule dans le noir.
L'origine du scénario est une bande dessinée française, Le Tueur, de Matz et Luc Jacamon de 13 tomes déjà, publiés chez Casterman. Le rôle est tenu avec professionnalisme par Michael Fassbender dont la longue et fastueuse carrière l'a fait tourner dans des films dont l'intérêt, à mes yeux, n'est pas évident. Le réalisateur est aussi une célébrité pour de nombreux films comme Alien 3, Fight Club, Panic Room, et pour Netflix, House of Cards parmi une filmographie abondante et multi primée. C'est aussi un technicien hors pair. Bref, un film pure produit américain dans lequel il faut reconnaître l'immense professionnalisme et la nullité abyssale.