Ni de rire, ni d'accident, ni d'amour, bien qu'il soit question de tous ces dangers dans un film qui ose traiter de façon baroque et dé-cousue d'une question centrale dans nos sociétés : la (légitime ?) violence dans les relations interpersonnelles.
Cela commence sur le ton de l'humour par des scènes de compor-tements généralement qualifiés de « pétage de plomb ». Et la ré-pétition de ces affrontements rend Vincent d'abord perplexe, puis, anxieux, paranoïaque, lui qui ne comprend pas pourquoi, de façon inattendue et sans motif, il est pris pour cible de l'agressivité phy-sique de toute une série de gens. Et le film n'explique jamais ce qui pousse les gens à s'en prendre à ce brave type.
Il y a quelques très bonnes idées, des moments drôles, mais très vite le baston et la castagne envahissent l'écran, jusqu'à des scènes outrancières dont on devine que le réalisateur rêve d'en faire des séquences cultes.
Malheureusement le film souffre d'une longue période plus faible avant de reprendre vigueur vers la fin, offrant alors un spectacle d'apocalypse de petits bourgeois avec leurs petites autos, contras-tant avec une petite romance de midinette.
Un film qui se veut innovant par la façon de traiter un sujet grave, mais dont la forme n'est pas (encore) celle d'un athlète bien entraî-né. Le réalisateur a déjà roulé sa bosse dans le métier, mais c'est son premier long métrage et cela se sent en particulier à cause du manque de rythme dans le film. Karim Leklou personnages « chelou » est parfaitement casté dans ce rôle qu'il incarne si bien avec son air d'abruti qui ne pige jamais rien. L'image souvent spec-taculaire et d'une grande mobilité est due à Manu Dacosse, chef opérateur belge de Simone, le voyage du siècle (1048), Vous n'aurez pas ma haine (1069) et de tant d'autres.
Ce film inaugure peut-être un genre nouveau, le cinéma baraki.