Tout à gagner à voir ce film simple et très émouvant.
Une mère de deux enfants, célibataire, se débrouille avec courage et comme elle peut, pour les élever. L'un, adolescent, sera très présent dans le film. Le cadet, lui, est retiré par le service sociale char-gé de protéger les enfants en milieu problématique.
La première qualité du film est de ne pas avoir caricaturé, ridiculisé ces assistants sociaux qui font un travail humble et souvent tellement nécessaire. Mais ici, l'intérêt et la tension viennent du fait que la mère ne comprend pas ce qui lui est reproché. Et nous suivrons l'évolution de ce dossier de façon simple, linéaire, dans tous ses détails. Et c'est très complexe !
Virginie Efira tient là sans doute un de ses meilleurs rôles, natura-liste, sans érotisme, avec des moments d'une intensité dramatique immense qui fait d'elle une mère « comme les autres » parmi une population (frères, voisins, etc.) qui sont tous simplement justes et convaincants dans leurs rôles de personnages « comme tout le monde ».
La vigueur des deux scènes dans la boite de nuit est d'anthologie. A montrer à celles et ceux qui rêvent d'aller s'y défoncer ; un assom-moir des temps modernes qui aurait inspiré Zola.
Nous retrouvons cet acteur exceptionnel (formé à l'INSAS) Arieh Worthalter tant admiré déjà dans le personnage de Pierre Goldman (1254) e.a. et aussi cette merveilleuse India Hair dont le talent singulier la rend chaque fois remarquable dans ses rôles. Nous retrouvons Félix Lefebvre, jeune acteur admiré déjà dans Été 85 (773) qui éblouit par ses talents.
La réalisatrice a un passé de documentariste d'une exceptionnelle richesse de films abordant des sujets difficiles souvent liés à l'enfance, en des lieux improbables. Cette fiction-ci est sa première réalisation de long métrage et c'est un coup de maître. Le travail fait sur le scénario rend le film d'un grand intérêt, nourri comme une enquête pour documentaire qui aurait mis en ligne de mire cet argument dominant dans les décisions de placement par le juge : la défaillance ! Et l'histoire est tricotée de façon très serrée avec des mailles fines qui, à chaque plan, contribuent à la densité de l'histoire.