Vive l'ampleur ! Et quelle ampleur. Celle de la période couverte, depuis la décapitation de Madame Véto le 16 octobre 1793 jusqu'à la mort du petit Caporal le 5 mai 1821. L'ampleur des moyens extraordinaires pour cette production qui alterne scènes (relativement) intimes, grand spectacle de décorum et de foule, et bien entendu des batailles évoquées certes schématiquement, mais spectaculairement.
Un petit rappel des régimes successifs serait bien utile car ils défilent au galop dans le film : après la monarchie absolue, c'est la monarchie constitutionnelle de septembre 1791 à septembre 1792, puis la première république avec ses gouvernements successifs : Comité de salut public, le Directoire de 1795 à 1799, puis brièvement le Consulat et le premier Consul d'août 1802 à mai 1804 avant le Premier Empire qui dura 10 années avant la première restauration, les Cent-Jours et la seconde restauration. Voilà la ligne du temps brièvement rappelée, et ce pourrait être utile pour celles et ceux pour qui l'histoire de France et l'épopée napoléonienne n'est pas leur matière favorite.
Le scénario est axé essentiellement sur la passion nourrie inlassablement par Napoléon pour Joséphine de Beauharnais, veuve et mère de 2 enfants, qui fut sa première épouse et qui, pour leur grand malheur, ne put avoir un troisième enfant avec Napoléon.
Cette histoire d'amour donne au film un petit côté potin de presse à sensation. Mais il s'agit tout de même de l'un des pires bourreaux du peuple français et rien n'est dit dans le film sur son œuvre de législateur qui a, si non compensé cette ambition d'ogre, au moins modelé les institutions de façon si durable.
Tout est parfait dans la reconstitution d'époque, costumes, décors, accessoires et les batailles navales et sur terre sont particulièrement spectaculaires. Alors si vous pouvez surmonter l'usage de la langue anglaise et l'âge excessif du génial Joker qui porte le tricorne, vous aurez un plaisir simple, celui de plonger dans une époque abominable de violence et d'ambitions destructrices si bien reconstituée. Vanessa Kirby qui avait impressionné déjà dans The Son (1139) campe ici l'impératrice de façon très inattendue. Attendons la version annoncée sur Apple TV qui serait de 4 heures 30 pour voir s'il y a des scènes qui valorisent cette première version. Elle donne envie de revoir le Guerre et Paix de Sergey Bondarchuk.