Elles dessèchent, durant 3 heures 17 qui semblent ne jamais devoir finir. Ce film turc atteste, s'il était encore nécessaire, de la grande différence dans la culture de la narration entre nos habitudes et un tel récit.
C'est le portrait d'un prof, assez bourru qui, entouré de gosses très turbulents et sympas, ne rêve que de sa mutation. Nous partage-rons sa vie une année durant, avec un collègue colocataire et vers la fin, une collègue. Il y a un moment assez Les Risques du métier à cause d'une jeune préadolescente. Il y a aussi une liaison qui s'ins-talle laborieusement. Et beaucoup de neige.
Réalisateur reconnu e.a. pour Nuages de mai, et Uzak ou Il était une fois en Anatolie, Winter sleep (068) The Wild Pear Tree (664) cet homme prend tous les risques d'ennuyer son public par des récits
trop longs et indéchiffrables. La cinématographie singulière de cet homme est portée au pinacle par des adorateurs dont je ne suis pas certains qu'ils soient à l'abri d'un certain snobisme intellectuel. Jugez-en vous-même, au moins verrez-vous de très belles images, des photos pleines d'intensité, un coin de l'Anatolie dans lequel sans doute vous n'irez pas passer l'hiver. Et pour vous occuper pendant la projection, admirez les placements de caméra, les plans séquences dont certains sont figés comme la nature hivernale.
Il y a un style de mise en scène très affirmé mais, répétitif et parfois insignifiant. Ainsi en est-il de certaines œuvres qui jalonnent la vie des festivals, l'extase d'une élite autoproclamée qui parfois de-vance la reconnaissance de ce qu'il convient d'appeler une « œuvre majeure ».