Le cinéma « flamand » existe-t-il ? Ce film me semble en être une nouvelle illustration, brillante.
S'il fallait évoquer quelques créateurs qui contribuent à ce « genre », viennent à l'esprit Fien Troch (*Home*-356 Holly*-1259) Veerle Baetens (*Het Smelt*-1305) Lukas Dhond (*Girl*-549 Close*-1059) Felix Van Groe-ningen (*Alabama Monroe- La Merditude des choses-Belgica*-226 Les Huit Montagnes-*1087) Michaël R. Roskam (*Rundskop) Dorothée Van Den Berghe (*Meisje-My Queen Karo) Tim Mielants (*De Patrick*-686 Wil*-1285) Patrice Toye (*Rosie- Nowhere Man-*8 Muidhond*-750) et j'en oublie.
Ce qui relie ces films, à mes yeux, c'est la façon très subtile de dé-crire des gens ordinaires qui deviennent, sous le regard particulier de ces réalisateurs et réalisatrices, des personnalités singulières, attachantes, qui tentent de vivre dans nos sociétés un peu provin-ciales et contemporaines, particulièrement flamandes.
C'est bien le cas de notre personnage de Rosita, en surpoids et dont on dirait familièrement, qu'elle n'a pas toutes ses frites dans le même sachet. Ce qui lui vaut une sorte de parrainage de longue durée de la part d'un couple sans enfant qui l'a prise en charge, éle-vée et qui la suit dans les complications administratives de sa vie.
Et vous aurez sans doute la surprise d'entendre la façon dont se définit un homme qui pourrait être un prétendant de cette sainte Rosita à la recherche de l'âme sœur ; il se présente comme un
« patate man ». La musique du film est parfois aussi un peu lourde. Rosita vit une existence tranquille, entourée de nombreux gosses de voisins qui égayent son ordinaire. Elle fait un travail « adapté » qu'elle va quitter et c'est toute la suite qui sera bouleversante. « Moi aussi je veux être heureuse » proclame cette femme qui n'a rien pour elle, pourrait-on dire de façon sommaire. Et dont les souffrances intimes sont montrées avec autant de subtilité que de délicatesse. Nous découvrons dans ce film qu'il existe des poupées confiées à de futurs mamans pour les mettre à l'épreuve anticipée des charges de la maternité. Absolument hallucinant !
Ce réalisateur a déjà quelques courts métrages primés à son pal-marès et ceci est son premier long métrage, une réussite impres-sionnante sur le thème de la solidarité, de la bienveillance et des souffrances intimes des êtres qui sont « différents ». Ce qui nous aide à les mieux comprendre.