Blessure d'hésitation serait le sens du titre en français. N'hésitez pas, il n'y a aucun risque de se blesser, ce film est mal construit et d'un très faible intérêt. Il est centré sur une avocate qui partage avec sa sœur la très lourde responsabilité de mettre fin aux jours de leur mère en état de mort cérébrale et de faire prélever ses or-ganes pour des patients en attente de transplantation.
Cette avocate défend un repris de justice qui risque la perpétuité. Le dossier de ce prévenu est d'une grande complexité et confusion, et l'on n'arrive pas vraiment à en comprendre les méandres ni les enjeux, sauf un moment étrange où l'avocate semble vouloir obte-nir la clémence du juge en lui proposant pour sa fille malade, le don
d'un des organes de sa mère. Les Courtroom movies sont des films qui se passent essentiellement dans la salle d'un tribunal ; il en est de très nombreux et celui-ci s'ajoute avec un petit parfum d'exo-tisme car c'est en Turquie que se déroule ce procès, un pays dont le réalisateur met subtilement en lumière les signes de sa décrépi-tude, l'effondrement du plafond du tribunal en pleine audience en est la métaphore ; on se croirait dans la Palais de la place Poelaert !
Un film qui plaira sans doute à un public sensible aux petites saynètes ambiguës, aux points de suspension, aux digressions inabouties, un peu comme un puzzle dont les pièces ne s'emboite-raient pas. Un film qui hésite, mais sans conclusion.