Mais pourquoi produire un tel film ? Il nous plonge dans une station de vacances de troisième classe en Grèce, fréquentée par des ventripotents en chemise hawaïenne, short satinés et tongs qui font « clap clap » à chaque pas.
Nous passerons la saison avec les animateurs, chanteurs, gym-nastes de cirque qui sont les galériens de cet enfer qu'ils fuient dans l'alcool, la baise façon bûcheron, une espèce de solidarité d'esclaves enfermés dans le même aquarium (nous en verrons un, en début et en fin de film comme métaphore de leurs destins). Le corps de l'actrice principal est montré sans pudeur, avec ses coups, ses blessures et ses douleurs. Les gentils animateurs viennent des 4 coins de l'Europe, indiquant peut-être que la Grèce, aux yeux de la réalisatrice, est devenue le discount du tourisme de masse.
Hélas, au-delà de la description parfois émouvante de cette fange, il n'y a pas d'histoire, pas d'enjeu, pas d'antagoniste ou de réel conflit. Juste une espèce d'esprit de troupe comme celle d'un cirque qui aurait renoncé à être itinérant mais qui travaille dur.
Le bruit que fait la musique, les animateurs et le public bêlant, la laideur des lieux, la tristesse déprimée des touristes qui font leurs meilleurs efforts pour essayer de se désennuyer, donnent à ce film un air de naufrage social.
Le titre est un jeu de mots sur l'âme et l'animal, suggérant un parcours intime en chacun de nous, comme si nous étions tous des proies de Club Med ou des pires enclos « tout compris » pour va-canciers fauchés, sans neurone, sans soleil, sans beauté.
On ne peut qu'admirer le travail qui nous donne ce spectacle du tourisme hellène vu de l'intérieur. Les actrices et les acteurs sont plus vrais que nature et même si leurs parcours ne nous inté-ressent guère, leur déchéance ne nous laisse pas insensible. Après tout même si nous sommes des animaux, nous n'en avons pas moins une âme.