Ce film réalisé par une femme qui en interprète courageusement le rôle central, est une quête de sens, celle d'une fille qui découvre jeune une libido envahissante qu'elle n'arrivera ni à maitriser ni à satisfaire. Voilà que la vulve remplace la verge comme objet d'introspection au cinéma ; il était temps dirons certaines.
Le film est partagé en trois époques que le montage alterne subtilement. La jeunesse d'une gosse, prototype de l'emmerdeuse, enfant gâté qui sème le trouble tant chez son père que chez son oncle, en les chevauchant avec naïveté mais d'une façon qui ne laisserait aucun homme de bois.
L'adolescence envahie d'hormones qui donnent à cette jeune fille un regard de b(r)aise. Elle découvre son corps comme objet de dé-sir, le sien, celui des autres qu'elle tente de satisfaire en utilisant l'exhib webcam, en se livrant à quelques services sexuels avec des copains de sortie.
Et la vie adulte, ses recherches et frustrations, ses rêves aussi, tous axés sur cette question de l'insatisfaction que son mari, maladroit et perturbé par les attentes fantasques de sa femme, n'arrive pas à lui proposer de réponses satisfaisantes.
Il est intéressant de souligner que le point de départ du film est une réunion de famille suite au décès de la grand-mère qui donnera lieu au partage de souvenirs, tant matériels qu'affectifs. Et parmi ces souvenirs, ceux de l'éveil à la sexualité de cette femme insatisfaite. Faute d'avoir une intrigue classique, c'est de l'alternance de ces trois époques que renait l'intérêt de la narration du récit de cette vie.
La langue des personnages est le catalan, la musique parfois tonitruante souligne à l'excès les moments essentiels, la mer amniotique joue un rôle central dans la sensation du corps de cette créature.