Un prequel d'*Amadeus. Un biopic dont le personnage est Josef Myslieček, dit le Boemo, compositeur tchèque (1737-1781) ayant connu la célébrité à l'époque de Gluck et avant Mozart.
L'histoire est simple : ce musicien d'origine humble fera tout pour accéder au succès. Et il y arrivera, triomphalement. Avant de tom-ber dans l'oubli après une mort sordide. Sa vie se partage entre toutes les « capitales de la musique » que sont au XVIIIe s. Prague, Naples, Venise, Munich, Bologne et j'en passe. C'est l'époque des castras, des prouesses vocales qui transformaient les salles d'opéra en arène où devaient triompher chanteurs et chanteuses affublés de costumes à l'antique et confrontés aux notes les plus exigeantes. Époque libertine où le contre-ut est à l'opéra ce que l'orgasme est à la fornication, le moment suprême. Et la recherche de l'amour, de la gloire et du plaisir ne se fait pas dans un recueil-lement méditatif.
Les décors, les costumes, la musique, les primadonnas et les té-nors sont absolument magnifiques et font de ce film un somptueux spectacle. L'acteur Vojtech Dyk fait son travail très correctement
mais n'a pas ce charisme qui aurait donné au film la notoriété des Liaisons dangereuses version Stephen Frears, ou Farinelli ou encore Que la fête commence.
L'intimité de la vie musicale et mondaine, sentimentale et ambitieuse de tout ce petit monde est admirablement rendue, dans une atmosphère lumineuse très travaillée, ce qui ajoute au plaisir du film où l'on découvre un Ferdinand IV, personnage étonnant, fils de Charles et Marie-Amélie qui partiront en Espagne pour y régner, laissant le rejeton à la tête du royaume de Naples et de Sicile. Il épousera l'une des sœurs de Marie-Antoinette, Marie-Caroline qui a une scène très amusante.
La rencontre avec Mozart (père et fils) est aussi un moment très savoureux et ces deux génies échangeront durablement une cor-respondance épistolaire, source de nombreux éléments du scénario. La vie de ce bohémien, oublié, ressurgit ainsi pour le plus grand plaisir de nos yeux et de nos oreilles dans une œuvre pleine de panache.