Ils n’auraient jamais dû vivre. Car c’est un film navrant, long, mal écrit, mal tourné, mal monté, d’un ennui qui s’éternise et exaspère. Quelques idées vaguement amusantes, des « gueules », une lourdeur de revue estudiantine, d’une vulgarité petit bourgeois (on vomit, on se marre d’un homosexuel, on mange comme des cochons...) ne peuvent faire un bon film si la production consiste à se servir de ces ingrédients comme dans un Aldi sans rayon de produits frais. C’est pesant, appuyé et désastreusement mis en scène.
Pas un moment de surprise, et comme il n’y a pas d’argent, certaines séquences sont tournées en caméra fixe et les malheureux acteurs doivent se placer et parler, gesticuler, pour que tout le monde voit bien leurs navrantes bêtises. Nous savons tous des films où le plan large et fixe est un mode d’écriture ; mais pour que cela fonctionne, il faut travailler. Ici il n’y a pas un moment de ciné-ma. C’est d’une lourdeur affreuse, celle d’un pastiche lamentable
des pires comédies mélangées de road movie avec des lenteurs appuyées qui plombent le film sans jamais laisser espérer que l’on nous épargne les idées foireuses filmées de façon consternante.
Une partie de mon exaspération vient de ce constat navrant que le cinéma belge, à ce régime-là, va plonger vers la médiocrité provinciale et que seuls les rires gras des copains et le soutien obligé du milieu institutionnel, des professionnels de la profession, vont essayer de faire illusion. C’est la démonstration parfaite de la fainéantise des scénaristes, de l’incompétence des réalisateurs (car ils se sont mis à deux !) et du manque total de discernement des producteurs qui font tourner n’importe quoi, histoire de ne pas se poser les bonnes questions sur ce qu’il faut produire.
Pourtant Où est la main de l’homme sans tête ? aurait dû mettre la puce à l’oreille. Même si ce film-là pouvait faire un peu illusion.