Au poker l'on dirait « un carré » de quatre cartes égales et d'une carte différente. Ici 4 as : Guillaume Canet, Marie-Josée Croze, Maïwenn et Yvan Attal, ils forment deux couples que l'on croit sou-dés dans un métal à toutes épreuves. Et l'outsider excellente est Alma Jodorowsky remarquée déjà dans L'Ennemi (921). La partie se joue sur deux thèmes : l'indéfectible amitié et la lâcheté des hommes incapables d'assumer leurs passions. Thèmes connus et déjà souvent labourés, mais qui, ici, me semblent traités de façon vigoureuse et très bien construite. Le talent du co-scénariste Yaël Langmann y est pour beaucoup, lui qui a collaboré déjà avec le réalisateur pour Les Choses humaines (873) Le Brio (448). C'est un film sur la jalousie et la tentation. Le film commence de façon très tonique, avec deux événements ; celui que nous retrouverons pratiquement en clôture du film et celui que nous retrouverons dix années après les faits dont nous sommes témoins durant lesquels
l'on ne sait si l'un des deux amis sauva la vie de l'autre, mais l'on sait qu'il a risqué sa vie pour sauver celle de son ami. Ce qui est in-téressant c'est que ce moment est oblitéré, jamais évoqué, enfoui dans la mémoire refoulée des 2 couples. Le sauvé confessera qu'il est devenu le suiveur de son sauveur, homme intouchable, idéal, et pourtant... C'est une voix off qui nous guide dans le récit, celle du rôle interprété par le réalisateur et qui nous en souligne les com-plexités humaines. Et le scénario est extrêmement bien tricoté et nous rend haletante la succession des événements qui jalonnent un récit très construit : une leçon pour scénariste. Et un régal pour les spectateurs qui supporteront une musique souvent lourde et appuyée. Ce qui est incompréhensible c'est que les contribuables belges ont craché au bassinet du tax shelter.