Pour celles et ceux qui l'ignoreraient c'est le prénom de l'épouse d'Elvis Presley. Ce biopic hagiographique est pour partie financé par elle et réalisé par Sofia Coppola que nous avons connue en meilleure forme : Virgin suicides, Lost in translation, Marie-Antoi-nette, Somewhere,...
Nous espérions la rencontre d'un requin et d'un dauphin ; c'est celle d'un hareng saur et d'une méduse. La chronologie de leur histoire qui dure 10 ans (bien connue déjà depuis l'excellent Elvis - 989) est respectée de façon très scolaire et je ne comprends pas qu'après le film exceptionnel de Baz Luhmann l'on ait pu se lancer dans un projet qui n'a rien pour lui. Le casting est consternant, seul le jeu de jambes de Presley filmé de dos essaye d'évoquer la star, la jeune fille (primée à Venise...) qui va devenir son épouse et sa victime est incarnée par une charmante mais frèle jeune fille sortie du couvent des oiseaux. De Parker, du père Presley, de fugitives et insignifiantes apparitions parmi une distribution de 3e rôles de 3e catégorie, issue d'un cours de théâtre amateur de province. Alors on essaye de s'intéresser aux rapports malsains entre les deux protagonistes. Quelques pilules, quelques cadeaux, quelques pudeurs, quelques mensonges, quelques humiliations jalonnent une histoire
sans relief, confinée, durant laquelle l'emprise du mec transforme sa chose, d'abord respectée de façon mystique, en objet déguisé et peint selon les goûts qu'il lui impose.
L'intention de la réalisatrice est limpide : montrer une femme mal considérée et maltraitée dans un environnement richissime. Lors-qu'elle reçoit un meuble à la tête, propulsé par sa vedette de mari, on se dit qu'il y aura bien des signataires d'une pétition pour sou-tenir qu'un tel talent fait honneur au pays et qu'il ne doit pas être blâmé. Eh bien, Priscilla elle, prend sa gosse et s'en va. Les derniers plans du film sont navrants et terminer par l'actrice au volant le regard au loin, c'est d'une tristesse qui conclut pitoyablement un film qui n'a rien pour lui, pas même le plaisir d'entendre Elvis chanter.