Il (m') est impossible de porter sur ce film un regard d'historien, mais il devrait être vu par tout le monde pour se souvenir d'une guerre, celle dite « du Kippour » et en mesurer les enjeux. La situation dans la région était alors celle issue de la guerre des Six jours de juin 1967 déclenchée par Israël suite au blocus du détroit de Tiran. Le récit de cette guerre-ci est construit autour de Golda Meir, premier ministre d'Israël en 1973 lorsqu'éclate cette troisième guerre qui dura du 6 au 24 octobre. La première des guerres que mena Israël étant celle du 15 mai 1948 au 20 juillet 1949.
Le jour du Kippour, c'est Israël qui est attaqué par l'Égypte et la Sy-rie sans que les instances chargées de la protection du pays n'ait pu anticiper un tel assaut qu'il a fallu repousser à grande peine, au péril même de la survie de ce jeune état.
Après cette guerre, le Président de la Cour suprême M. Arganat di-rigea une commission qui instruira une enquête pour analyser ce qui s'est passé. C'est ce que nous montre le film au début et la fin, les 2 moments qui encadrent le récit des faits évoqués. Le rapport complet de cette commission ne fut publié qu'en 2005 !
Et l'on se souvient que Camp David en 1979 a été un moment d'es-poir pour l'apaisement de cette région. Inutile de dire aujourd'hui qu'hélas, les choses ont empiré tragiquement.
Ce cinquième film d'un réalisateur israélien très réputé installé aujourd'hui aux EU, me semble très intéressant par l'histoire évoquée, mais surtout par le point de vue adopté, celui de l'intimité du pouvoir dominé par une femme dont la personnalité est aus-si forte que singulière. Peut-être ce biopic exagère-t-il le portrait mais l'interprétation par cette très grande actrice, Helen Mirren est remarquable et l'ensemble du casting « tient la route » malgré la difficulté d'être confronté aux vrais personnages à travers des images d'archives particulièrement bien utilisées et montées dans le fil du récit.
La guerre, omniprésente, n'est jamais vraiment montrée mais les discussions, les enjeux, les communications radio, font qu'à chaque instant le spectateur ressent la folie des hommes qui se battent. Le film se veut techniquement virtuose, et c'est, si non absolument réussi, au moins très original. Et il est aussi un rappel essentiel pour ne pas oublier et essayer de comprendre l'actualité tragique de la région, aujourd'hui.