La question qui se pose est de savoir qui, des enfants, des parents, des enseignants sont les monstres. Ou des innocents... Et nous allons successivement découvrir les mêmes éléments de l'histoire d'un point de vue différent, comme pour bien souligner qu'il n'y a pas de « vérité » mais plusieurs façons de voir et de comprendre.
Cela complique un peu la lecture du film mais enrichit une histoire, somme toute assez simple, devenue hélas banale, celle du harcè-lement dans les classes soumises à la perversité des « stalkers ». Nous sommes témoins de la vie de japonais ordinaires qui ha-bitent de charmants appartements, roulent en petites voiture, et semblent mener une existence sans histoire. Sauf que notre jeune personnage central vit seul avec sa mère, veuve, laquelle s'inquiète auprès de l'école de ce que son fils semble devoir subir en classe. La réalité va se dévoiler en trois vagues. La suite à l'écran. Mais tout de même une indication qui est sous-jacente au sujet, c'est la question de l'homosexualité qui, ici, est évoquée avec retenue et pudeur car d'une part il s'agit de deux enfants prépubères, et d'autre part cela se passe au Japon qui est encore très homophobe.
Vous apprécierez l'usage d'une symbolique forte dans des images ou l'eau de pluie et de la rivière, la terre dans un long tunnel impressionnant, et le feu purificateur qui sera spectaculaire et aussi hâtivement éteint, selon. Une voiture de chemin de fer abandonnée contribuent à ces rites de passage et la création sans entraves d'un univers magique.
Ce réalisateur se consacre essentiellement à la description sub-tile de la société japonaise. After the Storm (427) Shoplifter (573) en sont quelques exemples, sans oublier La Vérité (764) film réalisé en français ! C'est un cinéma aussi subtile qu'original, avec un peu de cette complication dans la narration qui donne une saveur singulière à des récits qu'inspirent des vies innocentes, bien loin de la monstruosité.