Les films flamands semblent être une source de pépites remarquables, inspirées, comme ici, par une recherche très intelligente de la réinterprétation du langage du cinéma avec lequel il marque une rupture, comme le firent nombre de musiciens après le baroque et le classique ; le nom de Erik Satie me vient pour donner une sorte d'équivalent sonore à la démarche de ce réalisateur qui avait déjà fait preuve de ce talent singulier dans Hell Hole (653) et Ghost Tropic (735).
Nous retrouvons ici ses thèmes, son style, ses lumières, son goût pour le slow cinema ou cinéma contemplatif et une bande sonore ouvragée avec un soin et un raffinement enchanteur. Bruxelles est filmée un été, au moment où commence le congé du bâtiment.
D'un groupe de travailleurs roumains émerge le personnage que nous suivrons car lui ne peut quitter Bruxelles immédiatement. Mais il n'est pas certain d'y revenir jamais. Alors il déambule, rend quelques visites, découvre des havres de verdure enfouis dans la ville de béton ce qui nous vaut des plans très graphiques un peu comme ceux filmés par Wim Wenders en plein Tokyo pour Perfect Days, d'une merveilleuse simplicité pour montrer le paradoxe de nos villes qui, pour se développer, anéantissent ce qui en fait la vie même.
Sauf qu'ici une scientifique bryologue, spécialiste des mousses, va nous révéler des images invisibles si l'on n'y est pas initié.
Ceux qui s'en souviennent songeront à un film de Alain Tanner, Le Retour d'Afrique, une autre méditation sur les départs sans cesse procrastinés, qui ne se font pas et qui réorientent la vie ici, here.
Vous serez mis en appétit par une soupe, celle préparée par le rou-main, celle, chinoise, dégustée dans le dernier plan, sorte d'hommage discret au multiculturalisme que nécessite la préparation de ces mélanges si appréciés. Goûtez-y.